En ce mois de Novembre 1989, la concurence est rude dans le monde du Thrash Metal, Metallica (..And Justice for All); Anthrax (State of Euphoria); Slayer (South of Heaven); Megadeth (Peace Sells). Cependant, un groupe purement Thrash US a décidé de venir provoquer les grands pour tout démonter sur son passage, et ces petits prétentieux ont réussis!!!!!
De prime abord, l'agressivité rebute, Connoly est pénible la majorité du temps et le groupe semble vouloir donner dans le Thrash « dissonant » (et trébuchant). Bref, c'est mal barré.
Puis, l'album se révèle doucement. Petit à petit, on prend ses repères et on se laisse un peu aller. D'autant que certains passages sont absolument jouissifs (comme le break d' « Inherited Hell ») et sont taillés pour donner des frissons à tout Thrasheur lambda. Passé les premières mauvaises impressions, il reste alors l'efficience à la NUCLEAR : des riffs qui clouent au mur, des rythmiques infernales et un jeu de basse qui fait très mal (« Surgery »). On pensait tenir un album de Thrash sympa mais perfectible, finalement c'est la grosse « queue-cla dans ta gueule » comme disent les jeunes (ou la Feu-ba, je ne suis pas sectaire).
L'enthousiasme grandissant, on se surprend à trouver des portes d'entrée à tous les titres. Même les refrains et ch½urs pourris (« Emergency ») sont mémorables (dans le sens de « mémorisables ») et rebondissent adroitement sur de la bonne boucherie. Alors qu'à la base, c'était franchement pas gagné, ce "Handle" fleure finalement le défouloir es Thrash bien jouissif. Le mini miracle quoi.
Donc, NUCLEAR ASSAULT surprend et se donne une ampleur inattendue. Je vais pas répéter 25 fois la même chose.
A tous ceux qui connaissent un peu les tarés new-yorkais, j'anticipe et je réponds : oui, NUCLEAR continue ses incartades à la noix. Ce coté « délire » peut plaire à certains. En ce qui me concerne, ça me convient pas, d'autant que le contraste avec les tueries et le criard. Je vous renvoie à l'enchaînement « Emergency » (avec le refrain nul) sur « Funky Noise » (et son groove de merde) tombant comme un cheveu sur la soupe, puis « F# » qui tabasse méchamment. Sans parler (ou très peu) du reste. Et vas-y que je rote en guise d'intro (« Search & Seizure ») et que je bourrine comme un taré (« Mother's Day »). Bref, comme à son habitude, le groupe ne se prend pas au sérieux. Un mal pour un bien, un bien pour un mal. A vous de voir.
Dans cet univers qui alterne envie de tout tuer, de faire mal, de dénoncer et faire rigoler, NUCLEAR finit par convaincre. Malgré ses handicaps, l'album vous happe et esquisse une vision du Thrash coincée entre celle d'ANTHRAX et EXODUS. A cela, le groupe choisit la ligne droite et s'exprime rapidement, sans laisser de répit, accentuant le coté assommant et déroutant de l'½uvre.
La violence intrinsèque et le particularisme de NUCLEAR ASSAULT font de ce "Handle" un album à ne pas mettre entre toutes les oreilles. L'ambivalence des registres rend ce Thrash « nitroglycérine » peu évident pour tout à chacun. D'ailleurs, c'est pas faute de prévenir, c'est marqué en gros sur la pochette : « à manier avec précaution ».